Deux événements tech européens majeurs. Un constat partagé. S’il y a bien une leçon à tirer de VivaTech Paris et de GITEX AI Europe Berlin, c’est que la gestion des risques liés aux tiers (TPRM) a cessé d’être un simple sujet de conformité réservé aux spécialistes. Elle s’invite désormais à la table des conseils d’administration, sur tous les marchés où nous nous sommes rendus.
Voici les sujets qui sont revenus le plus souvent dans les allées, et ce qu’ils révèlent à l’approche de B2B Tech Asia à Jakarta :
« Nous avons une liste de fournisseurs, pas la confiance qui va avec »
C’est, de loin, la formule qui est revenue le plus souvent au fil des échanges lors des deux événements. Les entreprises ne manquent pas de données sur leurs prestataires : elles accumulent des tableurs, des questionnaires de sécurité et des registres de risques depuis des années. Ce qui leur manque, en revanche, c’est la certitude que tout cela reflète la réalité du moment.
Cet écart entre détenir des données et leur faire confiance illustre précisément le problème qu’une approche axée sur la vérification vise à combler.
L’IA s’impose partout, y compris du côté des risques
Sans surprise, l’IA a monopolisé les débats, tant à VivaTech qu’au GITEX AI Europe. Mais l’angle abordé par les responsables de la sécurité n’était pas « comment adopter l’IA plus vite ? », mais plutôt « comment évaluer les prestataires d’IA auxquels nous faisons déjà appel ? ».
Les nouveaux outils d’IA sont adoptés plus rapidement que la majorité des équipes achats et sécurité ne parviennent à les évaluer. Cela crée une nouvelle vague de risques liés aux tiers, inexistante sous cette forme il y a encore deux ans : des fournisseurs dont le cœur de l’offre repose sur des modèles qu’aucune organisation externe ne peut auditer de fond en comble.
La réglementation ne concerne plus uniquement l’Europe
À GITEX AI Europe en particulier, nous avons échangé avec des équipes actives dans l’UE, au Royaume-Uni et dans la région du Golfe, qui jonglent entre les obligations de la directive NIS 2 ou du règlement DORA et leurs cadres réglementaires régionaux. Le constat est sans appel : les multinationales refusent d’empiler cinq processus de conformité distincts pour cinq zones géographiques. Elles exigent un standard de vérification unique capable de s’adapter aux différentes juridictions.
C’est une problématique que nous retrouverons sans nul doute à Jakarta, où les exigences propres à la zone APAC ajoutent une strate supplémentaire pour les équipes opérant à l’échelle régionale.
Ce que cela implique à l’approche de B2B Tech Asia
Jakarta ouvre d’autres perspectives d’échange : une croissance numérique fulgurante, des relations fournisseurs transfrontalières et des équipes de conformité qui construisent souvent leur démarche TPRM de zéro plutôt que de moderniser l’existant. Si la formulation diffère, le besoin de fond reste identique à ce que nous avons observé à Paris et à Berlin : de la confiance éprouvée, et non une simple accumulation de documents.
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